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Triptyque

A las Chicas de los tres Sabores

Où Frédéric prend une grande décision, qui donne de faux espoirs à Françoise ; où la croisière de rêve commence sous de mauvais auspices ; pourquoi le jeunes générations filent droit ; comment Françoise étonne de braves vénézuéliens, et sème la discorde ; ce qu'explique Françoise, des années plus tard, dans son journal.

Trois ans s'écoulèrent, ponctués par les voyages de Mathilde, quelques semaines, et ceux de Françoise, pour des périodes de quarante ou cinquante jours, voire plus. Le scénario était convenu. Françoise faisait des allusions au froid et à la tristesse de Paris, à l’envie de soleil. Frédéric opposait rarement un refus de principe. Souvent, son envie de rompre sa solitude coïncidait avec la tristesse qui suivait le départ de sa fille. Il y avait ensuite ce moment d’attente pendant lequel il se laissait aller à l’illusion pieuse que cette fois-ci tout se passerait bien : on profiterait d’un bon moment ensemble, avant de retourner chacun de son côté à sa vie habituelle. L’illusion ne résistait pas longtemps. Françoise arrivait, ployée sous les gros sacs qu’elle pensait indispensable d’emmener avec elle. La suite du séjour était inévitablement ponctuée de disputes et d’accalmies, de tempêtes et de silences hostiles. Frédéric, entre colères et séances de mutisme, s’interrogeait avec l’ingénuité du petit garçon pour qui chaque séance de Guignol était nouvelle : pourquoi fallait-il que les mêmes causes produisent les mêmes effets ? Pourquoi Françoise ne semblait venir chez lui que pour faire des scènes de ménage ? Il s’indignait sans comprendre que les femmes font des scènes de ménage non par goût des scènes mais par goût de la vie de ménage dont les affrontements faisaient normalement partie.

Françoise s’incrustait, autant qu’elle pouvait, puis était débarquée, plus ou moins brutalement. Ils se promettaient de ne jamais se revoir. Puis le temps passait. La résolution perdait de sa force, et Françoise parlait du froid à Paris, de la douceur des Tropiques et de l’envie de revoir « ce bon gros Marjolaine ». L’absurdité de cette situation était criante, mais Frédéric était homme, comme beaucoup d’hommes, à s’installer longtemps dans la paresse d’une relation fausse, mais présentant quelques avantages marginaux.

Régulièrement, il pensait qu’il fallait en finir ; en finir pour de bon. Mais avant d’en arriver là, il décida de donner une dernière chance à Françoise. Lui-même ferait un effort. Sans qu’elle eût cette fois-ci besoin de le sonder, Frédéric lui proposa de passer trente jours à bord, à la meilleure saison, entre Puerto la Cruz et Curaçao, en s’arrêtant dans les îles : Tortuga, les Roques, les Aves ; des vacances sur papier glacé. Il se barda de bonnes résolutions. Il se montrerait attentif, prévenant, dirait des mots gentils. Ils feraient une balade facile, dans les plus beaux coins. Il s’occuperait lui-même de prendre son billet d’avion – aller et retour -, ce qui éviterait l’angoisse récurrente de la voir faire son nid, avec disputes à la clé.

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Pour moi, TOUT S’ÉCLAIRE. Ces attentions, ces gentillesses, ces « mon chou », tout cela n’était que CALCUL, pour être tranquille. Et moi, pauvre gourde, qui me suis mise à croire qu’il y avait quelque chose de changé dans nos rapports !

Un cœur sec, fossilisé dans son besoin de confort masculin, comme mon père ! Quand je pense à tout ce que je faisais pour lui, ces trajets en avion, compliqués et coûteux, le matériel que je lui apportais dans mes bagages, ces démarches à la banque et pour son RMI… Rien de tout cela inscrit à MON CRÉDIT, chaque petite dispute, en revanche, enregistrée soigneusement dans le livre de comptes de nos sentiments, étiquetée « scène de ménage », et jamais effacée. Rancune et prétention ! Pour qui se prenait-il, à la fin, avec ses réflexions de café du commerce ? Moi, l’idiote de service, évidemment, alors que j’ai fréquenté dans ma vie professionnelle le gratin scientifique. Mais tout ce que je disais ne pouvait être que stupidité. Une femme, ça ne peut être qu’une dinde, évidemment. L’homme la toise, et ricane. « Encore une mijaurée qui s’est trompée d’endroit, et dont la place est à l’office » !

N’empêche. C’est triste à pleurer – d’ailleurs, je pleure – mais finalement, c’est moi qui ai LE DERNIER MOT !!!

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- C’est lourd !

Frédéric laissa tomber les deux gros sacs dans le cockpit de « Marjolaine » tandis que Françoise déposait les plus petits. Comment pouvait-on se charger ainsi en voyageant ! N’était-ce pas, à l’instar des frénésies d’achats, des actes propitiatoires ? La hantise de manquer n’expliquait pas tout. Stoïque, il se rappela ses bonnes résolutions et observa le déballage. Il s'agissait de gratuits de la veille, ramassés dans le métro ou à la porte des magasins, d’exemplaires du Canard, dont il se passait bien, ainsi que de Marianne. Il y avait aussi quelques journaux en anglais et en polonais, que Françoise jugeait indispensable d’emmener pour pratiquer un peu.

- Tiens, voilà le Jouvenel que tu m’as demandé. Quatorze euros chez Gibert. Et les bolivars, où est-ce que je les cache ?

- Tu as changé des bolivars ? Mais je t’avais…

- Oui, je sais, mais ils étaient au cours que tu m’as indiqué. Alors, j’ai profité de l’occasion, à l’aéroport…

- Françoise, est-ce qu’il t’arrive de faire attention à ce que je dis ? Je t’ai écrit de ne pas changer d’argent à l’aéroport. Le cours du bolivar au marché noir y est beaucoup moins intéressant. Je t’ai simplement dit que si, et seulement si, tu avais besoin d’un peu d’argent, pour prendre un verre ou quoi que ce soit, tu pouvais changer dix ou vingt euros, on t’aurait donné cinq mille pour un euro. Ici, on te l'aurait changé à sept mille cinq.

- Ah ! J’avais compris que… J’ai dû lire ton mail un peu rapidement, j’étais pressée…

- Aucun problème, c’est ton argent.

Elle avait perdu l’équivalent de deux cent cinquante euros, mais en effet c'était son problème.

Ils allèrent dîner au Pescador. Frédéric exposa le programme. On était jeudi, elle pouvait se reposer pendant le week-end à venir et profiter de la piscine. Contrairement à son habitude, Frédéric avait amarré « Marjolaine », non sur le pauvre quai Amerigo Vespucci, mais à la luxueuse marina de Bahia Redonda. Il fallait que la croisière de rêve fût parfaite de bout en bout.

- Mais au fait, où est Toto ? interrogea Françoise en voyant un jeune chien venu quémander quelques morceaux de poulet.

Frédéric narra la triste fin de Toto, écrasé par une voiture deux semaines plus tôt. Françoise, émue, lui prit la main. Frédéric se dégagea discrètement.

- Lundi, on pourra faire les gros approvisionnements chez Exito, mardi les courses de frais au marché, faire notre sortie, payer la marina, et partir mercredi. Qu’est ce que tu en penses ?

Françoise voulait avant tout se reposer. À Paris, il faisait un temps épouvantable. Le voyage l'avait fatiguée.

- On ne peut pas rester davantage ?

- Ben, il me semble que six jours… Tu sais, le voyage sera très relaxant. Et si on ne part pas, on ne pourra pas profiter des étapes autant qu’on voudrait. Tu vas voir. Les Roques, les Aves, ce sont de petits paradis…

- C’est vrai qu’avec seulement un mois il n’y a pas une minute à perdre. Sans doute que j’infecte le bateau en restant plus longtemps.

Frédéric était décidé à se montrer imperméable aux provocations. Il aurait pu lui rétorquer que, rien qu’en cette année 2006, elle était déjà venue deux fois, en février puis en mai. Il fit néanmoins observer qu’un mois sous les Tropiques, et gratuitement, tout le monde n’avait pas cette chance.

- C’est vrai, au fait. Pourquoi tu ne me demandes pas mes deux-cents euros hebdomadaires ?

- Disons que… j’ai pensé aux services que tu me rends. Tu vas chercher mon courrier chez les SDF, tu signes mon RMI, tu vas à la Poste pour vérifier mon compte, tu me fais virer l’argent… J’aurais bien du mal, sans toi. Tu te montres une bonne copine, je revaux ça . C’est normal, non ?

- Je crois surtout que tu n’as trouvé personne d’autre pour aller Porte de Clignancourt. Ils doivent trouver le quartier trop mal fréquenté, trop dangereux.

- Oh, non ! Je ne crois pas. D’un autre côté, c’est vrai. J’ai demandé dans ma famille, à mes cousins et neveux. Ils n’ont pas le temps.

En fait, ils se méfiaient des demandes de Frédéric. Elles leur paraissaient risquées. On ne chatouillait pas la queue du tigre. Ces jeunes générations, élevées dans la crainte de l’Administration, et dans un salutaire respect du Ministère des Finances, respect d’ailleurs compréhensible, étaient des Français comme les autres, un peuple rendu pusillanime par la terreur de l’Autorité, que celle-ci se manifestât sous la forme du gendarme au bord de la route ou du contrôleur des impôts faisant irruption dans votre boutique.

- En tout cas, je le connais par cœur, le trajet, énonça Françoise. Alors j’aurais bien mérité des vacances un peu plus longues. Mais il faut savoir se contenter de ce qu’on a, tu as raison.

- Une petite sieste te fera sans doute du bien. De mon côté, je dois aller de l'autre côté du canal voir un copain, dit Frédéric anticipant avec soulagement une heure de détente.

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Ce dimanche, on décida de déjeuner « A las Chicas de los tres Sabores », l’un des dix ou douze restaurants regroupés sous une immense halle, sur le front de mer. Pour s’y rendre, il fallait longer les barrios qui s’étendaient le long de la plage jonchée d’immondices. Frédéric affirma qu’il n’y avait pas de danger à condition de se conduire de façon avisée. Françoise s’enthousiasma à l’idée de manger du poisson. C’était bon pour ses yeux. Ils allèrent en petit groupe avec Jean-François, sa femme et leurs deux filles.

Jean-François était médecin. Lui et son épouse avaient d’atroces disputes en présence des enfants. Frédéric avait rencontré cette gentille famille à l’occasion des dernières vacances de Mathilde. Il discuta avec l’aînée, Josepha. Elle se destinait à une carrière de journaliste, ou d’écrivain. Ce n’était pas présomptueux. À quinze ans, elle rédigeait de petites nouvelles et lisait énormément, peut-être pour oublier les disputes de ses parents, pensa Frédéric en songeant à sa propre adolescence. Il promit à Josepha de lire la dernière de ses œuvrettes, l’histoire d’une jeune fille abandonnée dans des égouts. On choisit les poissons, corinhoa ou pargo. La serveuse amena la sopetta del mar qui permettait aux clients de patienter. La petite Elena s’approcha. Elena était une enfant du barrio. Sa pile de CD bon marché dans les bras, elle passait de table en table, vantant sa marchandise à toute vitesse d’une voix de chaton. Frédéric fit semblant de s’intéresser aux disques afin de justifier, aux yeux des patrons du restaurant, le fait qu’elle prenne une chaise, ce qui lui permit de reposer quelques minutes ses jambes grosses comme des allumettes. Il avait l’habitude de lui glisser discrètement un billet de cinq mille bolivars après avoir déjeuné. Ce petit jeu durait depuis des années. Françoise voulut savoir qui était cette fillette maigrichonne, aux grands yeux noirs et aux longs cheveux torsadés. Elle s’étonna de ce qu’elle n'avait que quinze ans. Elle n’en paraissait pas onze. Josepha, au même âge, en affichait dix-huit. Françoise voulut acheter des disques.

- Tu sais, ce n’est pas la peine, lui souffla Frédéric. Mais ne t’en fais pas, elle n’aura pas perdu sa journée.

Françoise ne tint pas compte de la remarque et demanda à la petite fille des informations sur le contenu des CD, en les étalant sur la table. Elena, motivée par l’intérêt que manifestait cette étrangère aux cheveux blonds et aux yeux bleus, miaula des renseignements inintelligibles. La serveuse arriva, chargée d’assiettes pleines. D’autres petits vendeurs, attirés par l’animation, se rapprochèrent, attendant leur tour d’intervenir. Françoise ne se décidait pas. Elle demanda à Frédéric de négocier un prix de gros, si elle prenait dix disques. Les pochettes aux couleurs criardes furent enfin mises de côté et la serveuse put déposer les plats. On allait pour commander une autre tournée de bière, mais les femmes voulurent du vin. La serveuse prétendit qu’elle allait demander s’il y en avait. Frédéric savait qu'elle se rendrait à une tienda proche pour en acheter, et le revendre au triple du prix. Dieu ! Que d’embarras font les femmes ! songea-t-il. Il expliqua à la petite Elena qu’ils allaient manger, et qu’elle pourrait revenir quand ils auraient fini. Mais Françoise fit signe aux autres gamins de s’approcher, et leur distribua les arepas laissés dans une corbeille.

- Comment dit-on « vous voulez manger ? »

Les jeunes vautours comprirent « comer », et firent cercle avec des regards allumés. La serveuse, inquiète qu’on importunât ses clients, dit quelques mots d’un air mécontent. Les trois gamins se justifièrent à grands cris en montrant Françoise qui avec un large sourire lança : « no problem ! no problem ! ». À une table voisine, où se tenaient une douzaine de vénézuéliens, des têtes se tournèrent pour voir ces drôles de gringos.

- Tu ne vas quand même pas les inviter à déjeuner ! plaisanta Frédéric, tachant de faire bonne contenance.

- Ils ont faim, tu ne vois pas ? Françoise tendit le menu au plus grand, un garçon d’une quinzaine d’années. Frédéric savait qu'il s'agissait d'un petit caïd, qui prenait sa commission pour que les petits vendeurs aient le droit d’exercer sur son domaine. L’adolescent déguenillé dit quelques mots à ses amis. Les trois vauriens s'assirent en se bousculant à la table voisine.

- Tu ne vas quand même pas les inviter à manger ! répéta Frédéric. Ça ne se fait pas, c’est absolument exclu !

Il se tourna vers Jean-François pour obtenir son appui. Celui-ci était en grande conversation avec sa cadette à propos de Mayas et d’observatoires stellaires, sa grande passion.

- Non, ce n’est sans doute pas une bonne idée. Mais que veux-tu, mon cher Frédéric, tu devrais finir par savoir que faire entendre raison à une femme demande une énergie bien supérieure à celle dont disposent les pauvres hommes ! La seule chose à faire, c’est de les laisser aller jusqu’au bout de leur sottise.

Françoise, qui essayait d’attirer l’attention d’une serveuse, n’entendit pas, mais l’épouse de Jean-François réagit. Des mots cinglants furent échangés. Frédéric vit les deux filles plonger le nez dans leur assiette. La cadette ricana. L’aînée rougit, honteuse.

Tout en prenant la commande des chenapans, la serveuse, jean moulant, petit tablier blanc, jeta un coup d’œil à Frédéric qui s’efforçait de garder l'impavidité du fakir assis sur sa planche à clous. On apporta aux garçons leur sopa de mariscos. Françoise leur demanda s’ils parlaient anglais. Le grand dit quelque chose qui fit s’esclaffer ses acolytes.

- Tu comprends ce qu’ils disent ?

- Pas un mot, grinça Frédéric, mais je doute que ce soit des amabilités. Ils se foutent de toi, si tu veux mon avis. Mais tu te démerdes. Tu crées une situation dans laquelle tu te rends ridicule, où tu nous rends tous ridicule. Ne compte pas sur moi pour te soutenir. Tu as juste de la chance que nous soyons dans un endroit public, autrement…

Renfrognée, Françoise s’intéressa à son poisson bon pour les yeux. Le vin arriva. Il fallut l’accepter sans savoir le prix, que l’on avait oublié de demander. Au moment de l’addition, on se récria. Frédéric aurait bien laissé les femmes le payer mais craignit un éclat. On partagea. Cela faisait quinze mille bolos par personne, mais les repas supplémentaires n'étaient pas inclus.

- Comment ? J’en ai pour cinquante mille, et je suis seule à payer pour eux ? s’insurgea Françoise.

Sentant la réprobation dans tous les regards, elle sortit de son sac un gros paquet de billets. Elle avait gardé avec elle tous ses bolivars, et se promenait dans le barrio avec l’équivalent de quatre mois de salaire d’un ouvrier qualifié.

- Cache ça, bon Dieu ! souffla Frédéric. Tu es dingue, ou quoi ?

- Bon, j’ai oublié de les laisser.

- Depuis trois jours ?

- Oui, depuis trois jours. Tu aurais dû me le rappeler, toi qui sais tout, toi qui passes ta vie au soleil !

La serveuse apporta sa monnaie. Françoise voulut la donner aux galopins. Jean-François, accompagné de son épouse et de ses filles, s’éloignait. Frédéric, impatient, fit quelques pas. Françoise, inquiète d’être laissée en arrière, jeta l’argent sur la table. Quand il se retourna, Frédéric vit les jeunes drôles se battre. Le plus grand tordait une main pour faire lâcher prise. Le plus petit était à terre pour ramasser les pièces qui avaient roulé sur le sol. Un bol fut renversé.

Quel talent elles ont pour foutre la merde ! généralisa Frédéric en marchant le long des restaurants, Françoise sur ses talons. Il chercha des yeux sa petite protégée. Il ne la vit pas, et cela augmenta sa colère. Déjà, ses résolutions vacillaient. Est-ce qu’il allait la supporter pendant un mois ? Elle venait d’arriver, et déjà il l’exécrait.

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Puerto la Cruz, lundi 30 octobre 2006

Françoise à bord depuis vendredi. Hier dimanche, elle a provoqué un scandale au restaurant en invitant à notre table trois petits marchands ambulants, davantage pour « faire la maligne » que par générosité. Cette pauvre fille sème la zizanie partout où elle passe. Pour Empédocle, pourtant pessimiste, la figure idéalisée d’Aphrodite était le signe que la discorde ne pouvait durer éternellement. Il soulignait le rôle conciliateur de la femme, qui sait par ses paroles de raison et son statut de non-belligérante apaiser les courroux et amener les ennemis à la table des négociations. Rien à voir entre l’Aphrodite antique et la femme moderne, Aphrodite inversée, qui allume le feu de la discorde et y jette de l’huile pour qu’il flambe plus fort.

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Ce n’est SÛREMENT PAS Frédéric qui risquerait d’exagérer, en matière de générosité. La scène est exacte, je l’avais complètement oubliée, tant elle est anodine. Toute ma vie, ça a été comme ça : donner sans compter. L’autre jour, un chien se fait blesser par une voiture, en traversant le boulevard. Je vais pour l’aider, résultat il me mord. Frédéric, avec son cynisme habituel, me dirait : « tu l’as bien cherché ». Exactement ce qu’il pensait – et qu’il disait – à propos de notre histoire : « tu l’as bien cherché, tu as eu ce que tu as voulu ». En oubliant SES PROPRES STRATAGÈMES !!

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